La Famille Cordonnier

Une Dynastie de Passion Viticole, de Lille au Cœur du Médoc

La famille Cordonnier est inscrite au registre des Bourgeois de Lille depuis le 16ème siècle. Ses membres exercent différents métiers : maréchal, laboureur, tisserand, marchand de toile, fermier, tonnelier, épicier, propriétaire, chaudronnier, négociant en vins et architecte (dont Louis Cordonnier, architecte de nombreux hôtels de ville, églises et autres monuments publics de Lille et de sa région).

Mon grand-père, Jean-Baptiste Cordonnier, né en 1886, est officier de liaison dans les tranchées et décoré de la croix de guerre 14-18. Il se marie en 1920 à Madeleine Desombre, également originaire de Lille, et s’installe à Bruxelles comme courtier en vins. Il a laissé dans la famille le souvenir d’une personnalité rayonnante, visionnaire et affectueuse, mais aussi autoritaire et colérique.

Parmi leurs douze enfants, mon grand-père étant malade, mon père, Pierre (1930-2013), reprend dès l’âge de 19 ans l’activité de courtage, tandis que mon oncle François (1927-2010), qui a fait des études d’agronomie, commence sa carrière comme gérant de propriétés viticoles, dont le Château de Chenonceau dans la Loire.

Après de nombreuses années de recherche et d’hésitations, c’est finalement en 1967, encouragé par Pierre, qu’il s’installe à Moulis-en-Médoc au Château Dutruch-Grand-Poujeaux, racheté à la famille Lambert-Dutruch.

Pour l’anecdote, la signature eut lieu au retour du voyage de noces de mes parents sur les chemins de St Jacques de Compostelle, et dans la salle d’attente du notaire, ma mère se demandait dans quelle drôle de famille elle tombait, où l’on achetait une propriété « comme ça, en passant ».

François Cordonnier senior se marie en 1970 avec Marie-Claire Arrivet, originaire de la région des Graves. Sans enfants, le couple accueillera toujours avec générosité leurs nombreux neveux et nièces au Château Dutruch.

François et Pierre, frères très liés et complémentaires, forment un duo exemplaire : Pierre vend avec énergie en Belgique les vins que François produit avec passion au château.

En 2016, je rachète la propriété à mon frère Jean-Baptiste, qui souhaitait s’en séparer. Depuis Bruxelles, où je poursuis l’activité familiale d’agent de producteurs français et espagnols (comme mon père et grand-père avant moi), je pilote le domaine avec Paul Falipou, son directeur depuis 2025 (succédant à Sébastien Olivar).

Lettre du grand père de François à son épouse datant de 1963 pendant un voyage à la recherche d’une propriété entre Muscadet, Cognac et Médoc

Leizaola : L'Exil, la Résistance et une Destinée Liée au Médoc

Une Lignée Basque Marquée par l’Histoire

1936 : Arantza de Leizaola naît à Saint-Sébastien, à la veille du coup d’État de Franco et de la guerre civile espagnole.
1937 : Jesús María de Leizaola, ministre de la Justice basque et futur président du gouvernement en exil, envoie sa femme et ses six enfants se réfugier en France – leur bateau accoste par une ironie du destin à Pauillac, en Médoc. (Les hôteliers qui les hébergèrent seront exécutés dès leur départ par les franquistes.)

1979 : Après 40 ans d’exil, le grand père de François peut enfin rentrer en Espagne, à la chute de la dictature.


Un Blason Chargé de Légende

La famille Leizaola, noblesse basque d’ancienne origine, porte un blason à la symbolique puissante :

  • À droite (gueules) : Un château d’or, symbole de puissance.
  • À gauche (sinople) : Un serpent d’or, terrassé par un chevalier (figuré en timbre), rappelant qu’un ancêtre libéra un lieu de passage de ce fléau.
  • Hommage familial : Ce blason orne certaines de nos étiquettes, lien intime entre notre héritage basque et notre destin médocain.

Points marquants

– Exil et résistance : Une histoire profondément liée à la liberté.

– Médoc, terre d’accueil : La coïncidence qui unira plus tard les Leizaola aux Cordonnier.

– Blason légendaire : Symbole de courage et de noblesse, imprimé sur nos vins.